Les différentes formes de pratique physique
Ces documents explorent la diversité des activités physiques en France, en distinguant principalement les pratiques institutionnalisées au sein des clubs des pratiques auto-organisées et autonomes. Les auteurs soulignent que le sport moderne évolue vers des formes hybrides et innovantes, telles que le MMA ou le padel, qui fusionnent différentes disciplines pour répondre à de nouveaux besoins sociaux. Bien que l'État encourage l'exercice pour des raisons de santé publique, les modalités de pratique varient considérablement selon le profil sociologique et les motivations des individus. Le texte met également en lumière le rôle crucial de l'éducation physique scolaire dans l'initiation des jeunes à cette multitude de formats sportifs. Enfin, l'analyse montre une frontière poreuse entre les structures fédérales traditionnelles et les nouvelles pratiques urbaines ou indépendantes.
Questionnements possibles:
Objectifs du cours
Comprendre la diversité des formes de pratique physique dans la société contemporaine
Identifier les logiques d’institutionnalisation, d’autonomie et d’hybridation des pratiques
Développer un regard critique sur l’évolution du sport et des activités physiques
Mobiliser les connaissances à l’oral et à l’écrit à partir de situations concrètes
Spécialité EPPCS – Terminale
Les différentes formes de pratique physique
Introduction
Dans une société marquée par l’augmentation de la sédentarité, la pratique régulière d’une activité physique est encouragée par les politiques publiques pour des raisons de santé physique, mentale et sociale. Pourtant, malgré ces incitations, on observe un recul ou un abandon de la pratique physique chez certains publics, notamment les jeunes. Comprendre la pratique physique suppose donc de ne pas la réduire au sport de compétition, mais d’en analyser les différentes formes, leurs conditions d’exercice et leurs enjeux sociaux.
La pratique physique désigne tout mouvement du corps entraînant une augmentation de la dépense énergétique. Elle peut être occasionnelle, régulière ou intensive, compétitive ou non, encadrée ou autonome, individuelle ou collective. Les motivations des pratiquants sont multiples : recherche de performance, plaisir, bien-être, sociabilité, entretien de soi ou quête d’aventure.
Face à la diversité croissante des pratiques, deux grandes catégories peuvent être distinguées :
les pratiques physiques institutionnalisées et les pratiques physiques non institutionnalisées, auxquelles s’ajoutent aujourd’hui des formes hybrides.Situation d’entrée – Mise en activité immédiate (10 minutes)
Activité « Carte mentale spontanée »
Consigne :
Sur une feuille ou un tableau partagé, noter individuellement puis collectivement toutes les activités physiques connues ou pratiquées (club, rue, nature, salle, loisirs, compétition, etc.).
Mise en commun guidée :
Classement collectif des pratiques selon trois critères non nommés à ce stade :
– pratiquées en club / hors club
– avec règles strictes / règles souples
– issues d’un sport connu / mélange de plusieurs sports
Transition didactique :
Constat de la diversité des formes de pratique physique et annonce de la problématique du cours :
Comment les pratiques physiques se transforment-elles entre institution, autonomie et hybridation ?
I. Les pratiques physiques institutionnalisées
Les pratiques physiques institutionnalisées, également appelées pratiques instituées, s’inscrivent dans un cadre formel organisé. Elles reposent sur l’existence de clubs sportifs, d’associations et de fédérations, qui structurent la pratique par des règles codifiées, des calendriers, des compétitions et des dispositifs de formation.
L’accès à ces pratiques passe généralement par la détention d’une licence sportive, souvent payante, qui autorise la participation aux activités et aux compétitions. Les pratiquants peuvent y occuper différents rôles : pratiquant, arbitre, entraîneur ou dirigeant. La pratique institutionnalisée concerne aussi bien le loisir que l’amateurisme ou le haut niveau.
En France, une part importante de la population pratique encore dans ce cadre. Les fédérations sportives assurent la gestion, la régulation et le développement des activités, en s’appuyant à la fois sur des professionnels rémunérés et sur des bénévoles.
Ces pratiques offrent des garanties en termes de sécurité, de progression technique et de reconnaissance sociale. Toutefois, elles impliquent aussi des contraintes : horaires fixes, règles strictes, engagement sur la durée, coûts financiers. Ces contraintes peuvent expliquer, chez certains publics, une prise de distance vis-à-vis du modèle fédéral.
II. Les pratiques physiques non institutionnalisées ou auto-organisées
Les pratiques non institutionnalisées regroupent les activités physiques exercées en dehors d’un club ou d’une association. Elles sont souvent qualifiées d’autonomes, libres, informelles ou auto-organisées. Le pratiquant choisit lui-même le lieu, le moment, les règles et les modalités de sa pratique.
Ces pratiques peuvent être individuelles, comme le footing, la randonnée ou le surf, ou collectives, comme le foot de rue ou le streetball. Elles se développent fréquemment dans des espaces non dédiés : rues, parcs, plages, montagnes, city-stades.
Le cadre des pratiques non institutionnalisées est moins normé que celui des pratiques fédérales. Cette souplesse favorise l’accessibilité, la liberté d’engagement et le plaisir immédiat. Elle répond à des motivations différentes de celles du sport institutionnel, souvent centrées sur le bien-être, la convivialité ou l’autonomie.
Cependant, ces pratiques ne sont pas exemptes de contraintes. Certaines nécessitent du matériel coûteux ou un accès privilégié à certains espaces, ce qui peut introduire des inégalités sociales d’accès à la pratique.I. Les pratiques physiques institutionnalisées
Apport de connaissances structuré (avec exemples concrets)
Les pratiques institutionnalisées, aussi appelées pratiques instituées, sont organisées dans un cadre formel. Elles reposent sur des clubs, des associations et des fédérations sportives. La pratique est conditionnée par la détention d’une licence, le respect de règles codifiées et la participation éventuelle à des compétitions.
Ces pratiques permettent aux pratiquants d’occuper différents rôles : pratiquant, arbitre, entraîneur, dirigeant. Elles sont structurées à tous les niveaux de pratique, du loisir au haut niveau.
Activité interactive « Qui est concerné ? »
Consigne :
À partir d’une liste de profils (collégien, étudiant, retraité, sportif de haut niveau, bénévole), déterminer le lien possible avec une pratique institutionnalisée.
Objectif cognitif :
Comprendre que la pratique institutionnelle ne se limite pas à la compétition.
II. Les pratiques physiques autonomes et auto-organisées
Apport de connaissances progressif
Les pratiques non institutionnalisées rassemblent des individus qui pratiquent en dehors d’un club ou d’une association. Elles sont souvent auto-organisées, libres, informelles et flexibles. Le pratiquant choisit le lieu, le moment, les règles et l’intensité.
Ces pratiques peuvent être individuelles (footing, randonnée, surf) ou collectives (foot de rue, streetball). Elles sont souvent associées à des valeurs de liberté, de plaisir immédiat et de convivialité.
Jeu de découverte « Institution ou autonomie ? »
Consigne :
À partir de situations décrites (exemples : courir seul le dimanche, s’entraîner en club, jouer au foot sur un city-stade sans arbitre), les élèves doivent justifier si la pratique est institutionnalisée ou auto-organisée.
Objectif méthodologique :
Argumenter un classement à partir de critères précis (règles, encadrement, structure).
III. Des pratiques autonomes qui s’institutionnalisent
Certaines pratiques initialement auto-organisées connaissent un processus d’institutionnalisation lorsqu’elles rencontrent un succès croissant. L’escalade en constitue un exemple emblématique.
Longtemps pratiquée de manière autonome, notamment en milieu naturel, l’escalade s’est progressivement structurée avec la création de fédérations, l’organisation de compétitions, le développement de structures artificielles et la professionnalisation de l’encadrement. Elle est aujourd’hui une discipline olympique.
Ce processus d’institutionnalisation ne fait pas disparaître les formes autonomes de pratique. Un même pratiquant peut alterner entre falaise, salle et compétition. L’institutionnalisation répond à des enjeux de sécurité, de visibilité et de reconnaissance, mais elle transforme également le sens de la pratique en introduisant des logiques de performance et de normalisation.
Étude de cas : l’escalade
L’escalade a longtemps été pratiquée de manière autonome, notamment en milieu naturel. Son développement, son succès et sa médiatisation ont conduit à une structuration progressive : création de fédérations, compétitions, formations et intégration au programme olympique.
Ce processus d’institutionnalisation ne fait pas disparaître les pratiques autonomes. Les pratiquants peuvent alterner entre falaise, salle artificielle et compétition.
Travail de groupe « Trajectoire d’une pratique »
Consigne :
Par groupes, retracer l’évolution d’une pratique (escalade, breaking, skateboard) selon trois étapes :
– pratique autonome
– structuration progressive
– reconnaissance institutionnelle
Production attendue :
Schéma chronologique ou paragraphe explicatif.
IV. Des pratiques qui sortent du cadre institutionnel
À l’inverse, certaines pratiques historiquement institutionnalisées évoluent vers des formes plus autonomes. Le football illustre cette dynamique avec le développement du foot de rue, du foot à 5 ou du five indoor.
Ces pratiques réduisent les contraintes associées au football fédéral : durée des matchs, nombre de joueurs, présence d’un arbitre, engagement sur la saison. Les règles sont souvent adaptées par les joueurs eux-mêmes et l’espace de pratique est reconfiguré.
Ces formes alternatives répondent à une volonté de jouer librement, sans licence, sans contrainte temporelle forte, et favorisent l’accessibilité. Elles montrent que la frontière entre pratiques institutionnelles et non institutionnelles est mouvante.Apport problématisé
À l’inverse, certaines pratiques historiquement institutionnalisées évoluent vers des formes plus libres. Le football en est un exemple : foot de rue, foot à 5, five indoor.
Ces formes de pratique réduisent les contraintes liées au club (licence, horaires, durée des matchs, arbitre) et privilégient l’accessibilité, le jeu et le spectacle.
Activité débat court
Question posée :
Le foot de rue est-il encore du football ?
Objectif :
Amener à interroger la notion de règle, d’identité sportive et de culture commune.
V. L’hybridation des pratiques physiques
Le paysage sportif contemporain est marqué par une hybridation croissante des pratiques. Les pratiques hybrides combinent des éléments issus de plusieurs activités existantes afin de répondre à de nouveaux besoins sociaux.
Le padel associe des caractéristiques du tennis et du squash.
Le MMA combine des sports de combat de percussion et de préhension.
Le CrossFit mêle force, endurance et gymnastique.
Ces pratiques valorisent souvent le mythe de l’athlète complet, capable de performer dans plusieurs registres physiques. Elles répondent à des contraintes temporelles et sociales contemporaines en proposant des pratiques efficaces, variées et attractives.
Certaines pratiques hybrides s’institutionnalisent en s’adossant à une fédération pour bénéficier de ressources logistiques, financières et médiatiques, tandis que d’autres restent volontairement en marge du système fédéral.Apport structuré avec exemples parlants
Les pratiques hybrides combinent des éléments issus de plusieurs activités physiques. Elles répondent à des attentes nouvelles : polyvalence, efficacité, gain de temps, recherche de sensations variées.
Exemples :
– padel (tennis + squash)
– MMA (sports de combat de percussion et de préhension)
– CrossFit (force, endurance, gymnastique)
Ces pratiques peuvent rester autonomes ou s’institutionnaliser selon des choix stratégiques (fédération, médiatisation, modèle économique).
Conclusion
Les formes de pratique physique dans la société contemporaine sont multiples, évolutives et imbriquées. Certaines pratiques s’institutionnalisent, d’autres s’autonomisent, tandis que de nouvelles émergent par hybridation. Cette diversité reflète les transformations des modes de vie, des attentes sociales et du rapport au corps.
L’EPPCS permet d’analyser ces évolutions en développant une culture sportive critique, en dépassant une vision réductrice du sport et en donnant aux élèves des outils pour comprendre les enjeux sociaux, culturels et institutionnels de la pratique physique aujourd’hui.Jeu de mémoire actif « Associer pour comprendre »
Consigne :
Associer chaque pratique hybride à ses activités d’origine et à ses caractéristiques principales (lieu, public, valeurs).
Objectif mémoriel :
Fixer durablement les connaissances par association d’idées.
Activité de consolidation – Jeu de mémoire du cours
Activité « Mots-clés en chaîne »
Consigne :
Chaque élève doit citer un mot-clé du cours sans répéter ceux déjà donnés (institution, autonomie, licence, hybridation, liberté, règles, fédération, etc.).
Variante écrite :
Reconstituer un paragraphe du cours à partir d’une liste de mots-clés mélangés.
Conclusion du cours
Les formes de pratique physique dans la société contemporaine sont multiples, évolutives et poreuses. Certaines pratiques s’institutionnalisent, d’autres s’en détachent, tandis que de nouvelles émergent par hybridation. Cette diversité reflète les transformations des attentes sociales, des modes de vie et du rapport au corps.
L’EPS et l’EPPCS occupent une place centrale pour permettre aux élèves de comprendre ces évolutions, d’y participer de manière éclairée et de développer une culture sportive critique et ouverte.
Prolongements possibles
Rédaction d’un paragraphe argumenté :
Montrer que les pratiques hybrides répondent à des besoins sociaux contemporains.
Préparation Grand Oral :
En quoi la diversification des pratiques physiques transforme-t-elle le sport aujourd’hui ?
I. Exemple de sujet de dissertation (épreuve écrite – 3h30)
Sujet 1 – Dissertation
La diversification des formes de pratique physique remet-elle en cause le modèle sportif institutionnel ?
Attendus du sujet
Le candidat doit :
définir les pratiques institutionnalisées et non institutionnalisées ;
montrer comment certaines pratiques sortent du cadre fédéral ;
analyser le phénomène d’hybridation ;
nuancer en montrant que le modèle institutionnel ne disparaît pas mais se transforme.
Proposition de plan attendu
Introduction
Constat de la diversification des pratiques physiques aujourd’hui
Définition du modèle sportif institutionnel
Problématique
Annonce du plan
I. Le modèle institutionnel longtemps dominant
Rôle des clubs, fédérations, licences
Encadrement, règles, compétitions
Sécurité, reconnaissance sociale, progression
II. L’essor de pratiques autonomes et alternatives
Pratiques auto-organisées (footing, randonnée, foot de rue)
Recherche de liberté, souplesse, accessibilité
Rejet de certaines contraintes fédérales
III. Une recomposition plutôt qu’une disparition
Institutionnalisation de pratiques autonomes (escalade, breaking)
Développement des pratiques hybrides (padel, MMA, CrossFit)
Coexistence et adaptation du système sportif
Conclusion
Synthèse
Réponse nuancée à la problématique
Ouverture possible sur le rôle de l’EPS
II. Exemple de sujet d’étude de documents (10 points)
Sujet 2 – Étude de documents
À partir des documents, montrez comment les pratiques physiques contemporaines s’organisent entre cadre institutionnel, autonomie et hybridation.
Document 1 – Texte (extrait de cours)
"Les pratiques non institutionnalisées, également appelées pratiques auto-organisées, rassemblent des individus qui pratiquent une activité physique en dehors d’un club ou d’une association. Ces pratiques offrent la possibilité d’ajuster les règles, le temps et l’espace de pratique aux attentes des pratiquants."
Document 2 – Données statistiques (description)
Un graphique présente la répartition des pratiques physiques en France selon qu’elles sont pratiquées :
dans un cadre institutionnel (club, association),
hors cadre institutionnel.
On observe que la majorité des pratiques les plus répandues (randonnée, vélo, footing) sont majoritairement non institutionnalisées.
Document 3 – Exemple de pratique hybride
Le padel est une activité combinant des éléments du tennis et du squash. Son développement repose sur sa facilité d’accès, son caractère ludique et sa pratique en petits groupes. En France, le padel est rattaché à la Fédération française de tennis.
Attendus de l’étude de documents
Le candidat doit :
exploiter tous les documents ;
définir les notions clés (institutionnalisation, autonomie, hybridation) ;
illustrer par des exemples précis ;
organiser la réponse de manière structurée.
Organisation attendue de la réponse
Introduction
Présentation rapide du thème et des documents
I. Des pratiques de plus en plus autonomes
Analyse du document 1
Appui sur les données du document 2
Mise en évidence des motivations des pratiquants
II. Le maintien et l’adaptation du cadre institutionnel
Analyse du document 3
Rôle des fédérations dans l’hybridation
Logiques de structuration et de développement
Conclusion
Synthèse
Idée clé : coexistence des formes de pratique
III. Exemple de question courte type bac (5–10 lignes)
Montrez, à l’aide d’un exemple, que certaines pratiques physiques peuvent être à la fois autonomes et institutionnalisées.
Attendus :
exemple précis (escalade, padel, breaking)
explication claire du double cadre
vocabulaire précis
IV. Exemple de sujet d’entraînement Grand Oral (adossé au chapitre)
En quoi la diversification des pratiques physiques transforme-t-elle le sport aujourd’hui ?
Les pratiques hybrides sont-elles une réponse aux contraintes de la société contemporaine ?
Peut-on encore parler d’un modèle sportif unique ?