LES ENJEUX DU SPORT
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Traitement des documents:
Tableau des questions rapides avec corrigé + signification exacte
1. Quels sont les trois enjeux principaux du sport analysés dans ce texte ?
Réponse corrigée :
Le sport-santé, les défis inclusifs et le rapport à l’environnement et au développement durable.
Signification :
Le texte montre que le sport est aujourd’hui traversé par trois grands enjeux : améliorer la santé des populations, favoriser l’inclusion de publics divers (handicap, genre, âge, etc.) et réduire son impact environnemental.
2. Selon le texte, quel « méta-défi » traverse les trois enjeux du sport (santé, inclusion, environnement) ?
Réponse corrigée :
La réduction des inégalités sociales.
Signification :
Derrière ces trois enjeux se cache un même problème central : les inégalités sociales d’accès à la santé, au sport et à un environnement préservé.
3. À quel grand problème de santé publique le concept de « sport-santé » cherche-t-il à répondre ?
Réponse corrigée :
L’inactivité physique et la sédentarité, considérées comme des pandémies mondiales.
Signification :
Le sport-santé vise à lutter contre le manque d’activité physique, reconnu comme un facteur majeur de maladies chroniques.
4. Qu’est-ce que l’UNACTIV ?
Réponse corrigée :
L’unité transversale d’activité physique qui étudie les effets de l’inactivité physique et de la sédentarité.
Signification :
Il s’agit d’un dispositif de recherche qui analyse scientifiquement les conséquences du manque d’activité physique sur la santé.
5. Quel est l’objectif principal du Plan national de prévention par l’activité physique ou sportive (PNAPS) lancé en 2011 ?
Réponse corrigée :
Lutter contre les maladies non transmissibles (obésité, diabète, cancer, etc.) par l’activité physique.
Signification :
Ce plan vise à utiliser l’activité physique comme outil de prévention des maladies chroniques.
6. Quel organisme a été mandaté en France pour autoriser le remboursement de l’APA par l’Assurance maladie ?
Réponse corrigée :
La Haute Autorité de Santé (HAS).
Signification :
La HAS évalue scientifiquement les bénéfices de l’APA et encadre son intégration dans le système de soins.
7. Quelle est la différence fondamentale entre la logique du « sport-santé » et celle du sport de compétition ?
Réponse corrigée :
Le sport-santé vise le bien-être et la prévention, tandis que le sport de compétition vise la performance et la rentabilité.
Signification :
Le sport-santé est centré sur la santé des individus, alors que le sport de compétition repose sur la recherche du résultat.
8. Selon Pierre Bourdieu, le sport de compétition fonctionne comme un _____ autonome.
Réponse corrigée :
champ
Signification :
Pour Bourdieu, le sport est un « champ social » avec ses propres règles, hiérarchies et formes de légitimité.
9. Qu’est-ce que l’Activité Physique Adaptée (APA) ?
Réponse corrigée :
Une pratique physique spécifiquement conçue pour des populations aux besoins particuliers (maladies chroniques, handicaps, vieillissement).
Signification :
L’APA adapte l’activité physique aux capacités et contraintes des personnes fragiles ou malades.
10. Quelle est la qualification professionnelle requise en France pour encadrer des séances d’APA ?
Réponse corrigée :
Une licence STAPS mention APA.
Signification :
Seuls des professionnels formés scientifiquement sont habilités à encadrer légalement l’APA.
11. Dans le contexte du handisport, quelle est la différence entre une « pratique pour » et une « pratique avec » ?
Réponse corrigée :
La « pratique pour » est entre pairs (personnes handicapées), la « pratique avec » associe personnes valides et handicapées.
Signification :
La distinction renvoie au degré d’inclusion dans la pratique sportive.
12. Quel pouvoir la notion de « sport-santé » exerce-t-elle sur les individus ?
Réponse corrigée :
Un pouvoir de surveillance et de culpabilisation.
Signification :
Le sport-santé peut transformer la santé en obligation morale, rendant l’individu responsable de son état.
13. Quelles sont les trois valeurs associées au « sport-santé » ?
Réponse corrigée :
La vigilance, la rigueur et la culpabilité.
Signification :
Ces valeurs renforcent l’idée qu’il faut contrôler et discipliner son corps pour rester en bonne santé.
14. Selon Pierre de Coubertin, quel mythe est au cœur du sport de compétition ?
Réponse corrigée :
Le mythe de l’équité, de la justice et de la glorification du champion.
Signification :
Le sport est présenté comme juste et méritocratique, même si cette équité est souvent illusoire.
15. Sur quelles trois grandes catégories de classement le sport de compétition est-il historiquement fondé ?
Réponse corrigée :
Le sexe, le handicap et l’âge.
Signification :
Ces catégories visent à rendre la compétition plus « équitable ».
16. Quel paradoxe l’inclusion dans le sport de compétition soulève-t-elle ?
Réponse corrigée :
L’inclusion passe par la création de catégories spécifiques, ce qui constitue une forme de ségrégation.
Signification :
Inclure suppose souvent de séparer.
17. Citez deux exemples de sports adaptés pour les personnes ayant une déficience visuelle.
Réponse corrigée :
Le cécifoot et le goalball.
18. Qu’est-ce que la « féminité hégémonique » dans le sport ?
Réponse corrigée :
Un idéal de féminité excluant les femmes jugées trop masculines ou musclées.
Signification :
Certaines formes de corps féminins sont jugées illégitimes dans le sport.
19. Comment vérifiait-on le sexe des athlètes féminines au XXᵉ siècle ?
Réponse corrigée :
Par des tests de féminité, d’abord visuels puis chromosomiques.
20. Quel critère utilise aujourd’hui World Athletics pour les athlètes intersexes ?
Réponse corrigée :
Le taux de testostérone (inférieur à 5 nmol/L).
21. Quelle athlète est au cœur de cette controverse ?
Réponse corrigée :
Caster Semenya.
22. Quelle a été la position de l’Académie nationale de médecine ?
Réponse corrigée :
Opposition à l’imposition de traitements hormonaux ou chirurgicaux.
23. Qui est Laurel Hubbard ?
Réponse corrigée :
Une haltérophile transgenre néo-zélandaise, participante aux JO de Tokyo 2021.
24. Quelle décision la FINA a-t-elle prise en 2022 ?
Réponse corrigée :
La création d’une catégorie « ouverte ».
25. Quel est le principal problème écologique du sport moderne ?
Réponse corrigée :
Son empreinte carbone élevée.
26. Empreinte carbone annuelle moyenne d’un sportif en France ?
Réponse corrigée :
Environ 1,3 tonne de CO₂.
27. Qu’est-ce qu’une approche « non-anthropocentrée » ?
Réponse corrigée :
Une relation à la nature comme partenaire et non comme ressource.
28. Définition du « slow sport »
Réponse corrigée :
Une pratique centrée sur la décélération, la simplicité et l’expérience sensible.
29. Caractéristique centrale de la modernité tardive selon Hartmut Rosa ?
Réponse corrigée :
L’accélération sociale.
30. Accélération technique (Rosa)
Réponse corrigée :
Faire plus en moins de temps grâce à la technique.
31. Accélération du changement social
Réponse corrigée :
Instabilité rapide des normes et structures sociales.
32. Accélération du rythme de vie
Réponse corrigée :
Sentiment chronique de manque de temps.
33. Concept opposé à l’aliénation
Réponse corrigée :
La résonance.
34. Définition de la résonance
Réponse corrigée :
Relation vivante, signifiante et réciproque au monde.
35. Sport minimaliste et résonance
Réponse corrigée :
Ils favorisent une relation profonde à la nature.
36. Portefeuille global de pratiques sportives
Réponse corrigée :
Ensemble des activités sportives pratiquées par un individu.
37. Profil le plus favorisé
Réponse corrigée :
Homme jeune, diplômé, issu de catégories favorisées.
38. Problème posé par les athlètes « inclassables »
Réponse corrigée :
Ils révèlent l’arbitraire des catégories sportives.
39. Critique des « visites-santé »
Réponse corrigée :
Marchandisation de la santé et responsabilisation excessive de l’individu.
40. Dopage et technologies visent le _____
Réponse corrigée :
corps parfait
41. Paradoxe technologique selon Isabelle Queval
Réponse corrigée :
La perte d’autonomie par dépendance aux technologies.
42. Justification de la séparation par sexe
Réponse corrigée :
Préserver l’équité compétitive.
43. L’émergence du _____ révèle les inégalités de santé
Réponse corrigée :
sport-santé
44. Approche éthique « éco-centrée »
Réponse corrigée :
Recherche d’harmonie avec la nature.
45. Argument contre la participation des femmes transgenres
Réponse corrigée :
Avantage physique hérité de la puberté masculine.
Pour une éducation à une pratique sportive durable
(publié en ligne dans "le café pédagogique" le 29 janvier 2026)
https://www.cafepedagogique.net/2026/01/29/pour-une-education-a-une-pratique-sportive-durable/
"Dans les conclusions du rapport de l’Office Parlementaire d’Evaluation des Choix Scientifiques et Technologiques (OPECST), publié en novembre 2025 et intitulé La science dans la mêlée pour une nation sportive, il est précisé que « l’analyse scientifique des freins à l’activité physique chez les adolescents remet également en cause les stratégies de santé publique principalement orientées vers la promotion du sport, au profit de politiques se concentrant sur la prévention de l’abandon sportif ». Les recommandations invitent ainsi à déplacer le centre de gravité des politiques publiques et éducatives.
L’EPS, un levier contre l’abandon des pratiques sportives
Comme nous l’avons déjà signalé, nos travaux montrent, à l’échelle du département des Bouches-du-Rhône, que si les adolescents ayant entrepris une activité sportive n’y avaient pas renoncé, plus de 95 % d’entre eux présenteraient encore un profil sportif. Les populations les plus exposées à ce décrochage sont celles résidant dans les quartiers populaires, plus particulièrement les filles et le moment de la rupture se situe majoritairement durant « les années collège ». Cette situation est d’ailleurs partagée par de nombreux pays européens.
Le rapport souligne que, puisque l’éducation physique et sportive (EPS) est obligatoire jusqu’à l’âge de 16 ans, elle constitue un levier essentiel pour lutter contre l’abandon des pratiques sportives en dehors du cadre scolaire. À ce titre, elle pourrait s’appuyer sur des contenus éducatifs centrés sur la découverte de la richesse de la culture sportive, avec pour ambition d’inciter les jeunes à poursuivre une pratique physique extrascolaire. Il est également indiqué qu’elle pourrait permettre aux adolescents de s’initier à des activités proches de celles qu’ils pratiquent en dehors de l’école, afin de développer des compétences facilitant le passage d’une activité physique à une autre.
« L’éducation par le sport se substitue ainsi à une simple promotion de l’activité physique »
Cette perspective est à rebours de celle aujourd’hui valorisée. Elle déplace les priorités d’une discipline principalement centrée sur une logique sanitaire vers une approche éducative reposant sur l’idée d’un « savoir rester sportif ». L’éducation par le sport se substitue ainsi à une simple promotion de l’activité physique.
Elle impose de revoir la définition de l’activité physique, en ne la limitant plus à des mouvements du corps entraînant une dépense d’énergie contribuant à la condition physique, mais en la considérant comme une pratique signifiante pour la personne, façonnée par son contexte culturel et social, et guidée par ses raisons d’agir, ses valeurs et son histoire personnelle.
Cette orientation ouvre la possibilité de proposer une alternative à un mode d’intervention fondé sur la mesure de la condition physique par des tests et la prescription de quantités d’activité physique. Elle invite à privilégier une démarche qui analyse les causes de l’abandon sportif et propose une éducation sportive centrée sur le développement d’une pratique durable.
Enfin, elle incite la discipline à ne pas se refermer sur elle-même, mais à entretenir des ponts avec les pratiques sportives extrascolaires. Bien évidemment, cette dynamique n’a de sens que si, en retour, le mouvement sportif décide également de maintenir des passerelles avec l’EPS et qu’un projet éducatif commun, fondé sur la fidélisation à la pratique sportive, puisse être élaboré.
L’inactivité physique des jeunes constitue un risque sanitaire
Personne ne peut nier qu’aujourd’hui l’inactivité physique des jeunes constitue un risque sanitaire important que l’EPS ne peut ignorer. Toutefois, il s’agit de remettre les priorités dans le bon ordre.
Tout d’abord, rappeler qu’éduquer en EPS ne consiste pas à développer uniquement un corps, un esprit et les liens qui les unissent, mais à confronter une personne à une culture. Comme l’a rappelé Claude Lévi-Strauss, la culture n’est pas une simple parure de l’existence, mais constitue un élément fondamental qui façonne l’homme et structure son rapport au monde.
Ensuite, considérer que c’est à partir de cette confrontation aux sports que les jeunes peuvent en retirer de multiples bénéfices. Dans cette perspective, la santé relève davantage d’une conséquence que d’un objectif initial. D’autant plus que la pratique régulière du sport contribue également à améliorer l’estime de soi, à développer des compétences sociales et peut favoriser une amélioration des performances scolaires.
Enfin, cette approche oblige à repenser le rapport entre l’EPS et le sport en club. Il existe bien une porte entre ces deux univers, en ce sens que l’EPS répond à des logiques et à des enjeux scolaires spécifiques, distincts de ceux du milieu associatif sportif. Mais il existe également un pont, car l’EPS ne peut ignorer les pratiques sportives extrascolaires et doit contribuer à préparer les élèves à s’y engager, en facilitant le passage du cadre scolaire vers les clubs sportifs.
Lorsque la science entre dans le débat sportif, elle incite ainsi l’EPS à se rapprocher de la réalité sportive vécue par les jeunes et à envisager comme l’un de ses objectifs majeurs le développement d’une pratique sportive durable."
Maxime Travert - STAPS Marseille































